La planification traditionnelle (waterfall) d’un développement logiciel peut être comparée à un voyage en voiture. Le chef de projet s’appuie sur une méthodologie et les expériences passées afin de définir un plan expliquant, étape par étape, les directions à prendre, les différents obstacles qui vont être rencontrés et comment les appréhender, et le rôle des membres de l’équipe (je conduis, tu tiens la carte, qui s’occupe de la subsistance …). La distance étant connue, une règle permet de calculer le coût. Les limitations légales de vitesses étant connues, le temps du parcours peut être calculé. De plus, la qualité (se rendre du point A au point B) fait partie des spécifications initiales. Le triangle du projet est donc connu.
Lorsque l’équipe de projet démarre son voyage du point A, la densité du trafic peut déprendre de l’horaire. La vélocité calculée peut-être, sur certains tronçons, bien en deçà de la vélocité planifiée. De plus, l’équipe peut faire face à des obstacles non planifiés : le plan me dit de prendre la première sortie au rond-point, mais des travaux m’en empêche. Que faire, et le plan qui ne donne pas de solution. La voyage prend du retard … De plus, le plan, basé sur l’expérience d’un trajet passé, indique un raccourcit. Problème : entre-temps la signalisation a été changée, et la route n’est plus utilisable. Les coûts et délais prennent l’ascenseur. Tout cela sans imager un changement dans la qualité (tout compte fait, après trois jours de voyage, le client décide de faire un léger détour par une région limitrophe …), et la rendement de l’équipe (le chauffeur, un membre de l’équipe, se fatigue après 2 heures de conduite, et perds sa concentration). Le modèle traditionnel montre donc ses limites.
Le chef de projet ne comprend pas : il a utilisé une méthodologie réputée, et l’a suivi à la lettre. Puis il se tourne vers l’équipe de projet, qui forcément n’a pas suivi le plan … Alors que celle-ci a simplement dû faire face, durant la vie du projet, à une série de problèmes l’empêchant d’avancer. Et elle a fixé ces problèmes, tout en suivant, le mieux possible, le plan définit.
Comme l’a dis Eisenhower : “No battle was ever won according to plan, but no battle was ever won without one” .